Garden Gossip
Walter Philips Gallery, Art Centre Banff 2017
In Some Far Place, The Rooms, St. John’s 2017
A Pool is Water, Galerie Division, Montreal 2016

Le commérage comme pensée critique. Potins à la vue. Avec attention, les ragots font bouger les parcelles du jardin et les fleurs, au jus, bégayent. En tant que pratique théorique, le potin propose un récit réparateur. La vie sociale secrète des plantes est le bavardage des jardins. Et le commérage des femmes est le même que celui des plantes qui libère des traînées de langage chimique à travers les feuilles et les racines.

L'exposition Garden Gossip cultive les formes esthétiques au travers de la réflexion sur l'acte langagier du «potin», car ce terme signifiait, à l'origine, «amie». L'exposition réunit donc préoccupations féministes et écologiques articulées à travers les médiums film, peinture, sculpture ainsi que la pourriture. Le son et l'odeur s'étendent d'ailleurs sur les peintures et les œuvres sculpturales de l'exposition, tandis que des odeurs terreuses d'absinthe, d'hamamélis, de cèdre et de chou imprègnent et composent l'espace de manière verte. Une étude filmique pour des chansons d'amour-interview pour des fleurs du futur implique le spectateur dans ce réseau enraciné.

À l'intérieur du jardin des potins, des chuchotements se greffent sur des fruits, des tonnelles, des couettes, des bassins, des cordes et des fleurs. De nombreuses espèces d'oiseaux ont été observées en train d'exécuter le «chuchotement», une vocalisation calme et complexe avec des moments d'intensification. Enfin, les œuvres de Garden Gossip sondent la fonction sociale des potins, ainsi que les conditions et les langues à travers lesquelles ces échanges ont lieu. Ici, le jardin est un site à cultiver, à questionner, à creuser, à se coucher, à travailler et à vivre au sein d'une plus petite échelle de désir.

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